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[LC] La Ligne Verte de Stephen King...

... Ou comment me replonger dans un de mes classiques pour la enième fois grâce à Klo et sa Lecture Commune... Je crois que ce roman fut le premier de Stephen King que j'ai lu et il fait partie de ces livres qui vous marquent longtemps.

LaLigneVerte_StephenKing.jpg

L'histoire se déroule en 1932, Paul Edgecombe est alors gardien chef au Bloc E de la prison de Cold Mountain. Le Bloc E, c'est le couloir de la mort, la Ligne Verte, avec au bout Miss Cent Mille Volt, autrement dit la chaise électrique. Cette année-là, Paul et les autres gardiens, Brutal, Dean, Harry et Percy, vont accompagner un certain nombre de détenus vers la mort. Mais un de leur pensionnaire va changer leur vie. Il s'agit de John Caffey (comme la boisson mais ça s'écrit pas pareil), un noir immense, qui semble un peu simple d'esprit, accusé pour le meurtre et le viol de deux fillettes...

Ce qu'il faut savoir sur ce roman, c'est qu'à la base, il a été écrit en épisode suite à une discussion entre l'auteur et un de ses amis. "Et si quelqu'un, aujourd'hui, faisait comme les auteurs de l'époque et tel un Dickens, offrait à ses lecteurs une histoire où l'on devrait attendre chaque semaine pour en savoir plus ?" C'est sur cette idée que naissa La Ligne Verte. King demarra l'écriture en 95 et le premier épisode sortit en mars 96. Chaque mois, le lecteur découvrait un nouvel épisode et en savait un peu plus sur les fameux évènements de 1932. Ce qui est pas mal avec ce genre de lecture, c'est qu'on peut lire un épisode et prendre le temps de le savourer, de le digérer avant d'entamer le suivant. À l'époque, le lecteur devait attendre le mois suivant, aujourd'hui avec les intégrales, on peut choisir le temps d'attente, voire même ne pas attendre du tout. J'ai du me faire des pauses de quelques heures au début mais après l'épisode sur la mort de Delacroix, j'ai bien du attendre un jour ou deux avant de reprendre. Les chapitres se sont ensuite bien enchaînés. Faut dire aussi que Stephen King a le chic pour nous montrer à la fois l'horreur et la beauté de l'espèce humaine. King nous amène dans cette Amérique profonde, ses états du Sud où il n'est pas très bon d'être noir, nous sommes encore à une époque où être noir ne valait guère mieux qu'un animal. Nous sommes aussi en 32, l'ombre de 1929 plane encore sur la population créant une ambiance particulière. Nous sommes aussi dans l'univers carcéral, dans le couloir de la mort et même si Paul et les autres gardiens, hormis Percy, essayent d'apporter un peu d'humanité à cet endroit, on y croise tout de même des condamnés pas toujours très fréquentables...

Parmi les personnages, nous avons donc Paul Edgecombe, notre gardien chef mais aussi et surtout le narrateur de cette histoire. Au moment où il écrit ses mémoires c'est un vieux bonhomme qui vit des jours plus ou moins paisibles à Georgia Pines, un maison de retraite. Mais à l'époque, c'était le chef de la Ligne Verte, celui qui se disait que ses pensionnaires allaient bientôt payer de leur vie leur crime et qu'il n'avait donc pas besoin de les martyriser encore plus. Des prisonniers nerveux à l'approche de la mort, c'était jamais très bon... Sur ce bout de couloir, on y croise également Brutus Howell, dit Brutal, meilleur ami et bras droit de Paul, il a souvent le mot pour détendre l'atmosphère et n'hésite pas à faire usage de sa force quand nécessaire. Dean et Harry font également partie de la bande même si leur rôle est un peu moins important. Mais les gardiens ne seraient pas au complet sans Percy Wetmore. Monsieur a des relations vous savez... C'est un personnage qu'on adore détester, on a tous croisé un Percy dans notre vie. Arrogant comme pas permis, monsieur Je-Sais-Tout se carapate pourtant au moindre problème. Là où Paul et les autres essayent de garder un peu d'humanité sur la Ligne Verte, Percy n'hésite pas à martyriser les prisonniers, notamment Delacroix.

Parmi les prisonniers marquants de cette période, on croise bien entendu John Caffey sans qui toute cette histoire n'aurait pas lieu. Colosse noir, il a été condamné pour le meurtre et le viol de deux fillettes blanches. Rien ne prouve qu'il est bien l'auteur des faits, on l'a juste retrouvé pleurant le long d'une rivière, les cadavres des fillettes dans les bras. Malgré les faits qui l'accusent, on s'attache à ce Big Boy qui a peur du noir et qui semble faire des choses étonnantes avec ses mains... On trouve aussi dans les cellules, Eduard Delacroix, notre cajun de service, violeur également, il a incendié une maison pour cacher son crime, tuant au passage d'autres membres de la famille de sa victime. D'apparence, il n'a pas l'air méchant malgré ses crimes. Il a fait une connerie, le sait et va payer pour ça. Il est plutôt cool sur la ligne. Il va d'ailleurs se faire un ami en la "personne" de Mister Jingles, petite souris apparue un peu avant son arrivée et qui semble avoir quelques ressources dans sa poche. Le dernier locataire est William "Wild Bill / Billy the Kid" Wharton. Contrairement aux deux êtres, celui-là est un chouilla plus taré et se fout de mourir. La seule chose qui l'intéresse, c'est d'en faire baver aux gardiens. Dès son arrivée, les problèmes arrivent, il est d'ailleurs à deux doigts de tuer Dean et finira par faire plus de passage dans la cellule capitonnée que n'importe qui. Son arrivée dans le Bloc E annonce pas mal d'ennuis à Paul et sa bande...

Stephen King nous décrit ses personnages de telle manière qu'on finit par s'y attacher ou les détester. Les occupants du Bloc E vivent leur vie loin du monde, on est dans l'univers carcéral et en même temps très loin de l'image que l'on peut se faire des prisons de cette époque. Malgré tout, nos condamnés sont humains avec leur force et leur faiblesse, leur joie et leur peine. On est avec Paul quand il revit tous ses souvenirs, même si on peut difficilement s'identifier à lui, on a l'impression de revivre ce qu'il a vécu. L'écriture en épisode fait qu'on a toujours droit à un résumé en début de partie. King aurait pu prendre le parti de l'extraire du récit façon "résumé de l'épisode précédent", au lieu de ça, c'est le Paul du futur qui fait la jonction soit en remaniant le récit, soit en reprenant quelques phrases, les dernières de la partie précédente. On pourrait trouver ça lourd mais c'est fait de telle manière que ça passe plutôt bien.

Comme je l'ai dit un peu plus tôt, on s'attache aux personnages, on vit avec eux et on n'a pas envie de lâcher l'histoire avant d'avoir lu la fin. On veut savoir ce qui est arrivé à Paul, ce qu'est devenu Mister Jingles la souris de cirque, est-ce que Caffey a vraiment commis ces meurtres, lui qui semble plutôt être un gros nounours, qu'est devenu Percy et les autres, est-ce que Wharton a bien fini sur la chaise pour ce qu'il a fait ? On se prend d'affection pour ces protagonistes, on pleure beaucoup, on rit aussi, on a envie d'en baffer d'autres... C'est aussi un roman qui pose la question sur la peine de mort, peut-on tuer une personne que l'on croit innocent ? N'y a-t-il jamais d'erreur judiciaire ? Comment vit-on lorsqu'on est celui qui donne l'ordre d'appuyer sur le bouton ?

Au final, c'est un roman que j'apprécie énormément, malgré les multiples relectures, je suis toujours touchée par le sort de ces personnages et j'ai besoin de quelques jours pour me plonger dans un autre univers. Il fait partie de ces romans qui nous font réfléchir et encore plus apprécier la vie que l'on peut vivre, apprécier tous ces petits moments de bonheur, être heureux d'être en vie...

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Miyu

Auteur: Miyu

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Commentaires (4)

Lylou Lylou ·  25 avril 2014, 07:56

J'avais beaucoup aimé le livre, pour des raisons qui rejoignent ce que tu dis, et le film reste mon grand filme culte, vu une vingtaine de fois (sans exagérer) et toujours avec les mêmes émotions.

Frankie Frankie ·  25 avril 2014, 12:27

Pour moi, c'était une première lecture (même si je connaissais le film) et ce livre m'a énormément touchée pour ses sujets difficiles et ses personnages attachants (enfin ceux qui le sont ! :))

klo klo ·  25 avril 2014, 23:51

Merci :) J'aime beaucoup ce que tu dis. Pour moi il s'agit d'une première lecture j'avoue avoir été touché aussi bien par les gentils (évidement) que par les méchants d'une façon bien différente. Notamment par Brian dolan qui m'était passé quasiment inaperçu dans le film. :)

Miyu Miyu ·  15 novembre 2014, 09:28

@Lylou : Je ne suis pas mieux. On a beau savoir ce qu'il va se passer, on ne peut s'empêcher d'être touché par cette histoire et que les choses changent pour John Caffey et sa bande de gardiens.

@Frankie : Contente de voir que ce livre t'a plu, c'est vraiment un chef d'œuvre du genre

@klo : Tant mieux si toi aussi tu as aimé. Il est vrai qu'il y a quelques coupures obligatoires dans le film, sinon, on aurait pu le faire durer des heures ^^'

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