Non Coupable, je dois vous parler de ce livre depuis le mois de novembre, histoire que j'ai aimé et pourtant je mets des mois avant de réussir à coucher les mots sur le papier. Il est possible que j'ai eu besoin de toutes ces semaines pour le digérer...

Grisham est un nom connu pour les amateurs de polars grâce à ses romans se déroulant dans le monde judiciaire. Faut dire que le bonhomme était avocat avant de se lancer dans la politique et l'écriture, donc ça aide. Non Coupable est son premier roman. Écrit entre 1984 et 1987, il ne fut pourtant publié qu'en 1989 et il faudra attendre que d'autres titres tels La Firme ou L'Affaire Pélican ne deviennent des best sellers pour qu'enfin ce roman sorte de l'ombre. Depuis, il fut adapté au cinéma en 1996 avec aux commandes Joel Schumacher et dans les rôles principaux, Samuel L. Jackson, Matthew McConaughey, Sandra Bullock et Kevin Spacey. Il fut également l'objet d'une adaptation en pièce de théâtre par Rupert Holms en 2011. Et novembre 2013 a vu sortir sa suite, Sycamore Row, aux États-Unis.

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Nous sommes en 1984 à Clanton dans le comté de Ford dans l'état du Mississipi. Tonya Hailey, gamine noire de 10 ans, rentre de l'épicerie où sa mère l'a envoyé faire quelques courses. Malheureusement pour elle, elle croise la route de Billy Ray Cobbs et James Louis "Pete" Willard, deux blancs, racistes, qui décident de battre et violer l'enfant pour passer le temps. Ils vont la laisser pour morte au bord d'un ruisseau avant d'aller se saouler au bar du coin et se vanter de leurs "exploits". Les deux hommes sont bien sur arrêtés et présentés au tribunal de la ville. Mais Carl Lee, le père d'Hailey, ne compte pas les laisser s'en tirer avec un procès, surtout ici, dans un compté majoritairement blanc et où le spectre du Ku Klux Klan continue de roder. C'est ainsi qu'il va tuer les deux hommes à leur sortie du tribunal après leur mise en accusation et blesser au passage un adjoint du shérif entrainant l'amputation d'une de ses jambes. Jake Brigance, jeune avocat ambitieux, blanc de surcroit, se retrouve donc à défendre un homme dont le chemin vers la chambre à gaz semble tout tracé...

Faut l'avouer, le début de l'histoire nous met plutôt mal à l'aise. On arrive très bien à imaginer la petite Tonya appelant son père alors qu'elle subit la torture de ses deux ravisseurs. Et pour le coup, on n'est pas non plus très étonné de la réaction du paternel. Après cette plongée dans l'horreur, Grisham nous entraîne dans les coulisses d'un véritable procès, depuis l'arrestation de Carl Lee à son jugement. On découvre ainsi les dessous d'une affaire, comment interagissent les différentes parties entre elles, quel est leur rôle, le jargon employé également... Et autant par moment, certains personnages me tapaient un peu sur le système, autant l'affaire en elle-même m'a convaincu et l'on tourne les pages pour savoir comment et si Carl Lee arrive à s'en tirer tout compte fait.

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Au niveau des personnages, on rencontre pas mal de monde. Tout d'abord Carl Lee, le père modele qui bosse dur pour vivre, qui n'a pas l'habitude de faire devagues sauf si on touche à sa famille. Lié au bonhomme, nous avons bien sûr son avocat, Jake Brigance. Lui en revanche, même si c'est le symbole du gars qui a réussi et qui fait son beurre en défendant des familles de noirs pas très riche, bah par moment, j'avais juste envie de le baffer. Son air de pauvre petit malheureux qui va devoir bosser pour pas grand chose mais qui va se payer une renommée d'enfer grâce à cette affaire m'a tapé sur le système un certain nombre de fois je dois l'avouer. Il est doué, je vous l'accorde mais pouah, qu'est ce qu'il est chiant à chouiner paske snif son client ne peut pas le payer aussi vite qu'il le voudrait. Bah voui, quand dans la famille c'est le mari qui ramène la thune et que celui-ci est en prison, de suite, ça marche moins bien... Pour l'aider dans cette affaire, nous avons Ellen Roark, étudiante dans le Massachusetts et qui fait partie de l'association ACLU aidant notamment des gens risquant la peine de mort. Se sentant concernée par cette affaire, elle propose à Brigance de l'assister gratuitement. On croise également Lucien Wilbanks, ancien associé de Brigance, qui passe ses journées à boire mais qui reste tout de même très doué ds les affaires. Et enfin, dernier avocat de la partie, Harry Rex Vonner, spécialisé dans les cas de divorces et fouine comme on en fait peu, il va aider notre équipe notamment dans le choix des jurés. Dans le camp adverse, on trouve le procureur, Rufus Buckley, également très doué. Autour de ces protagonistes, gravitent pas mal ATimeToKill_Movie_4.jpgde monde, Ozzy, le shérif noir du comté, le juge Omar Noose qui va présider l'affaire, les jurés qui doivent statuer sur le sort de Carl Lee subissant tour à tour les manifestations de soutien de la part de la population noire surboostées par les prêtres de la communauté et les marches blanches des membres du Klan qui ont décidé de revenir s'installer dans le coin, brûlant au passage quelques croix dans les jardins parmi d'autres joyeusetés. Comme on s'en doute, l'ambiance est plutôt survoltée dans le coin.

Le suspense est au rendez vous, on se demande régulièrement s'il ne va pas y avoir un problème à cause des manifestations, des personnes plus ou moins intelligentes qui peuplent le comté. On sent également monter le stress de la famille Hailey, Carl Lee va-t-il finir sur la chaise ou bien va-t-il finalement être acquitté, comment Brigance va faire pour sauver son client ? Toutes ces questions nous poussent à tourner les pages, à en lire un peu plus à chaque fois et bien entendu, il faudra attendre la toute fin du livre pour en connaître le dénouement ^_^

Au final, ce roman est un livre comme je les aime, on s'attache aux personnages même s'ils peuvent être casse couille, certaines répliques sont bien sympa, la pression monte petit à petit et on n'a envie que d'une chose, connaître la fin. Pour son premier roman, Grisham nous a offert un titre bien sympa ^^